Après les vues de l'atelier, je vous avais promis plus de détails. Voici l'expo organisée par Eric Vivier.

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Je vous rappelle que chaque feuille fait 1,50 m de haut.
Chaque mariée et son célibataire font 3 m.

Une très belle expo qui aurait mérité quelques explications que je ne manquerais pas de vous donner ici dès que j'aurais le temps de le faire.

 

Edit : le décryptage

 

Nos travaux réalisés à l'Emap de Vigneux illustrent une conférence sur le thème de "la peau".

 

S'inspirant de l'oeuvre majeure de Duchamp, "le Grand Verre", les uniformes vides représentent la peau sociale des moules "males" et les machineries qui les surmontent symbolisent les mariées et la mécanique du désir.

 

Voici ce qu'Encarta dit de l'oeuvre de Duchamp qui a servi de référence à ce travail à l'Emap sous la direction d'Eric Vivier :

 

Mariée mise à nu par ses célibataires, même, La [Marcel Duchamp], œuvre de Marcel Duchamp, conservée au Philadelphia Museum of Art.

 

La mariée mise à nu par ses célibataires, même, ou le Grand Verre (huile, vernis, feuilles de plomb, fil à plomb et poussière sur deux panneaux de verre montés sur aluminium, bois et cadres en acier, 272,5 × 175,8 cm), est née d’une large réflexion menée entre 1912 et 1923.

 

Dans la partie supérieure, c’est-à-dire dans l’espace réservé à la pensée et à l’imaginaire, peinture et fils de plomb figurent abstraitement le squelette d’une femme, la mariée, sorte de mante religieuse en attente de jouissance espérant dévorer ses prétendants, les célibataires, symbolisés dans la zone inférieure par les neuf « moules mâlics ».

 

Le Grand Verre, qui n’est ni un tableau, ni une sculpture à proprement parler, reste inséparable de l’espace qui l’entoure par sa qualité de transparence. Les éléments énigmatiques qui composent l’œuvre se superposent ainsi à la réalité du lieu dans lequel elle est exposée, rendant sensible la quatrième dimension, « cet inconnu sans lequel le connu n’existerait pas » (G. de Pawlowsky).

 

C’est en la déclarant « définitivement inachevée » que Duchamp fait basculer le statut même du Beau, intimement lié depuis Platon à l’idée de perfection, d’achèvement et de totalité. Par ailleurs, au-delà de l’humour corrosif qui se dégage de l’œuvre, le titre, par son étrangeté même, préfigure le rôle majeur et non innocent que jouera le langage (aussi ludique soit-il) dans l’art contemporain à venir.

 

Le Grand Verre, par-delà la difficulté du décryptage, obéit malgré tout à une symbolique précise, qui s’appuie sur des archétypes comme le masculin et le féminin, le spirituel et le matériel. Curieusement, l’œuvre a été mystérieusement « achevée » par un accident qui a fêlé le verre, interdisant ainsi tout nouveau travail sur l’œuvre.